Bienvenue sur « Paroles en cours »

J’ai décidé d’ouvrir un blog pédagogique pour plusieurs raisons.

Les contenus de mes séminaires de master-doctorat ainsi que les comptes rendus des séminaires doctoraux dans le cadre de mon équipe de recherche à Paris 13, comme certains billets sur l’enseignement supérieur, figuraient jusqu’à présent sur mon carnet de recherche La pensée du discours. Si je suis convaincue que les activités de recherche et les activités d’enseignement et de formation sont étroitement liées (ce qui n’est pas une évidence, il existe un débat très intéressant sur ces questions et je comprends très bien les arguments opposés), je commençais à trouver mon carnet un peu chargé par les contenus pédagogiques qui s’accumulent au fur et à mesure des semestres.

J’ai commencé ma carrière dans le secondaire, et comme, je le raconte dans un billet accueilli sur Enseignant en cherchant dans le cadre des Vases Communicants de mai dernier, mon activité d’enseignante a immédiatement été associée à des réflexions pédagogiques et didactiques. Passée dans le supérieur, je n’ai pas changé, même si l’absence criante de pédagogie universitaire en France ne m’a pas permis de développer véritablement une réflexion sur cette question. Le mot comme la chose sont encore un peu ridicules (au mieux) ou inconnus (au pire) dans nos établissements.

L’an dernier pour la première fois, j’ai assuré une formation intitulée « Enseigner les sciences du langage à l’université » dans le cadre du CFDIP du Pres Sorbonne Paris Cité. C’est une formation destinée aux moniteurs-trices de première année de doctorat qui débutent dans le métier. Je renouvelle l’expérince cette année (le 8 octobre prochain, à Paris 13). Cette activité et les questions que je me suis posé, ainsi que les dialogues que j’ai eus avec les doctorants, a fait son chemin au cours des derniers mois ; j’ai rassemblé des ressources, des questionnements et des témoignages sur cette question émergente (en France, j’insiste : nos collègues belges et suisses, pour ne citer qu’eux, ont le geste pédagogique plus naturel).

Mes amis enseignants du primaire et du secondaire alimentent de beaux blogs professionnels sur lesquels j’aime bien m’attarder, par exemple, pour les Français, C’est au pied du mur, Voix haute, Encore un nouvel étonnant microcosme, Enseigner à l’heure du numérique, i-voix, Situations motivantes, et chez nos collègues québécois le très joli Randonnée scripturale ou dans un style différent, In Scholam (ma liste n’est évidemment pas exhaustive ni sélective). Et puis il y aussi des blogs sur l’éducation, comme celui de Luc Cédelle, Interro écrite, de Claude Lelièvre, ou celui de la revue Skhole, Penser et repenser l’école. Dans l’enseignement supérieur, je n’en connais guère, mes collègues atant plutôt des sites ou des pages personnelles (mais je suis peut-être mal informée et vos informations sont les bienvenues).

Enfin, je crois que mon énervement est aussi à la source de ce blog, et je pense, lectrice de longue date des travaux d’Antonio Damasio, que la colère, comme toute émotion, positive ou négative peut être bonne conseillère : je suis énervée de voir des représentations verticales de la transmission des connaissances perdurer à l’université (la fameuse « pédagogie transmissive ») ; je suis énervée du mépris, explicite ou implicite, conscient ou inconscient, de certains enseignants pour leurs étudiants qui « ne savent plus travailler, comprendre, lire, écrire », etc. bref, qui ne savent pas être conformes au modèle de l’étudiant idéal, c’est-à-dire celui que ces enseignants estiment avoir été ; je suis énervée, aussi, de constater parfois le mépris que certains étudiants ont pour leurs enseignants, dommage collatéral des représentations sociales ; je suis énervée de voir perdurer, y compris parfois chez de très jeunes enseignants, des pratiques pédagogiques d’un autre âge, fondées sur le discours magistral monologal, le logos pur, le document papier, le travail non collaboratif, l’absence d’usages numériques ; je suis énervée de l’état parfois archaïque des ENT, de leur ergonomie calamiteuse, de leur esthétique inexistante.

Donc, j’ouvre ces « Paroles en cours », en cours d’élaboration permanente, en cours tout court, paroles de cours, paroles pour cours, paroles sans cours, pourquoi pas, on peut choisir sa préposition !

N.B. : Certains billets publiés initialement sur La pensée du discours seront reblogués ici, et toutes les pages « séminaires » seront exportées. Que les lecteurs n’hésitent pas à me signaler des ressources ou des documents sur la pédagogie universitaire, en SHS comme en sciences exactes ; je voudrais faire de ce blog une ressource partageable par tous es enseignants du supérieur intéressés par la pédagogie et la didactique.

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2 réflexions au sujet de « Bienvenue sur « Paroles en cours » »

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